une Horreur

Davao Oriental - Rejets de mine d'or dans la mer des Philippines - Mindanao - Philippines © Yann Arthus-BertrandDe 75 à 80% des pollutions marines sont d'origine terrestre, notamment agricole, parmi lesquelles environ 30% sont apportées par l’atmosphère. La responsabilité du transport maritime se situe autour de 12%. En Amérique du Sud, 98% des eaux usées domestiques finissent dans la mer sans traitement. Les pays qui bordent la Méditerranée y rejettent 50 millions de tonnes de déchets chaque année et, chaque jour, les chinois rejettent 60 millions de tonnes de déchets dans la mer Jaune. Les déversements d’hydrocarbures proviennent pour plus de la moitié des continents, pour 5% des accidents de pétroliers, pour 20% des rejets et accidents des autres navires, pour 4% de l’exploitation en mer, et, pour 11 à 15%, ont une origine naturelle. Les pollutions accidentelles par hydrocarbures sont en fortes diminutions, ne représentant que quelques pourcents des rejets par dégazage estimés entre 1,5 et 3 millions de tonnes de pétrole par an. En 2003, d’après le WWF, entre 0,7 et 1,3 million de tonnes de pétrole auraient été répandues par dégazage en Méditerranée. Selon l’Ifremer, les pollutions des eaux côtières ont coûté près de 12,8 milliards de dollars à l’économie mondiale en 2006. La pollution marine résulte des produits rejetés dans les mers et les océans essentiellement par l’homme: rejets domestiques (égouts et ordures, polluants contenus dans les eaux de ruissellement...), industriels (hydrocarbures, métaux, substances chimiques et organiques de synthèse, radionucléides...) et agricoles (engrais, pesticides...). Elle comprend la pollution de l'eau et des sédiments marins, et plus généralement toutes les atteintes aux écosystèmes marins causées par des rejets de substances nuisibles par leur nature ou leur quantité.

Les zones côtières fragilisées

La plus grande part de la pollution provient du continent, transportée par les fleuves et les vents, et se concentre dans les eaux côtières, qui fournissent 99% de la production totale de poisson. Les pollutions en haute mer, de type industriel, sont surtout le résultat d’accidents ou de malveillances: naufrages, déballastage, dégazage, les marées noires, spectaculaires et catastrophiques lorsqu’elles touchent les côtes, intervenant pour une faible part. Les sacs plastiques constituent 60% environ de la masse des déchets visibles qui polluent la mer, et provoquent la mort d’un million d’oiseaux, de 100.000 mammifères marins et d’un nombre incalculable de poissons.

La protection des océans

La sécurité maritime, la réduction des pollutions et la protection des milieux marins font l’objet de nombreux traités et conventions, à tous les niveaux, internationaux, régionaux et nationaux. Dans les années 70, à l’initiative de l’Organisation maritime internationale, sont adoptés les principaux textes sur la prévention de la pollution des eaux de la mer par les hydrocarbures et toutes autres substances, produits chimiques, déchets, eaux usées, polluants atmosphériques: en 1972, la Convention de Londres, et en 1973, la Convention internationale MARPOL pour la prévention de la pollution depuis les navires et les plateformes pétrolières.

Aux Etats-Unis, en 1990, avec l’Oil Pollution Act, seuls les pétroliers dotés d’une double coque peuvent entrer dans les ports américains. En 1976, avec la Convention de Barcelone, l’Union européenne se penche sur la Méditerranée avec l’objectif de réduire la pollution dans la zone de la mer Méditerranée et de protéger et améliorer le milieu marin. L’UE crée, en 2002, l’Agence européenne de sécurité maritime.

Marées noires

Voici quelques unes des dernières marées noires.

2007: pétrolier Hebei Spirit, 10.500 tonnes de pétrole brut déversé, 300 km de côtes touchées, Corée du sud

2006: bombardement israélien des cuves de la centrale électrique de Jiyyeh, Liban, 15.000 t

2003: pétrolier Tasman Spirit, plus de 12.000 t, Pakistan

2002: pétrolier Prestige, 64.000 t de fioul lourd, 2.600 km de côtes touchées, Galice (Espagne)

2001: plate-forme pétrolière P-36, 350.000 t, Bacia de Campos, Brésil

1999: pétrolier Erika, 20.000 t de fioul lourd, 400 km de côtes touchées, Bretagne (France)

1996: pétrolier Sea Empress, 73.000 t, Pays de Galles

1993: pétrolier Braer, 84.500 t, Iles Shetland

1992: pétrolier Aegean Sea, 67.000 t, Galice (Espagne)

1991: pétrolier Haven, 144.000 t, Gênes (Italie)

1991: pétrolier ABT Summer, 260.000 t, Angola

1991: guerre du glofe, 800.000 t, Koweit

1989: pétrolier Exxon-Valdez, 38.500 t de pétrole brut, 800 km de côtes touchées en Alaska (Etats-Unis)

1983: pétrolier Castillo de Belver, 250.000 t, Afrique du sud

1983: puits offshore de Nowruz (Iran), 250.000 t

1980: pétrolier Irenes Serenade, 103.000 t, Grèce

1979: pétrolier Atlantic Empress, 276.000 t, Caraïbes

1979: plate-forme de forage Ixtoc, Golfe du Mexique, entre 500.000 et 1.500.000 t

1978: pétrolier Amoco-Cadiz, 227.000 t de pétrole brut, 360 km de côtes touchées, Bretagne (France)

1976: pétrolier Urquiala, 101.000 t, Galice (Espagne)

1972: pétrolier Sea Star, 115.000 t, Glofe d’Oman

1967: pétrolier Torrey-Canyonn, 121.000 t de pétrole brut, 180 km de côtes touchées, Pays de Galles

Toutes les côtes sont plus ou moins touchées par la pollution, les plus affectées étant les côtes européennes du nord au sud, les côtes atlantiques du continent nord-américain et des Caraïbes, les côtes pacifiques du Mexique à Panama et de Los Angeles à Vancouver, des mers de Chine du nord au sud, du Japon, de Java, la côte orientale du continent indien, la côte sud-africaine entre Le Cap et Maputo, ainsi que les rives des mers Noire et Caspienne.

Situation des mers intérieures

- mer Méditerranée: 30% du commerce maritime mondial et 20 à 25% du transport international de pétrole, 156 accidents suivis de déversements d’hydrocarbures entre 1977 et 2000, trois marées noires importantes: Irenes Serenade en Grèce et Capitaine Marcos en Algérie en 1980, et Haven en Italie en 1991; des milliers de tonnes de déchets toxiques rejetés directement en mer par l’industrie, 60 % des eaux usées urbaines rejetées sans traitement préalable.

- mer Baltique: faune benthique pratiquement décimée sur la moitié des fonds marins de la Baltique centrale (100.000 km2); en cause la pollution d’origine tellurique (56% des apports azotés, les 44% restants provenant de l’atmosphère); pollution par les hydrocarbures de pétrole à 98% d’origine continentale.

- mer Caspienne: 140 millions de tonnes de polluants déversés chaque année, 65% provenant des eaux usées rejetées par l’industrie lourde, 44 mg de pesticides par litre (en moyenne) dans la partie nord, notamment celle du delta de la Volga, à comparer au 7mg/l de la mer d’Azov considérée comme une zone de catastrophe écologique par le ministère russe de l’environnement et des ressources naturelles.

- mer Noire, polluée par le Dniestr, le Dniepr, le Danube et le Don, dans un état très critique: eutrophisation, mortalité importante et croissante d’animaux marins au cours des trois dernières décennies, effondrement des prises de pêche de 80%, seulement 6 espèces de poissons encore exploitables sur les 26 autrefois couramment commercialisées dans ce bassin.

Les effets sur le milieu marin

Les pollutions peuvent être physiques, chimiques ou biologiques et les polluants, des substances naturelles (matières organiques et minérales) ou de synthèse dégradables ou non (plastiques, pesticides), toxique ou non, à rémanence variable.

Elles ont des conséquences beaucoup plus graves à proximité des côtes qu’en pleine mer.

Les ressources vivantes sont détruites ou rendues impropres à la consommation, la détérioration de la qualité de l’eau peut entraîner des intoxications et des maladies, et ont un impact sur l’économie en empêchant la pêche, les activités de loisirs ou les prélèvements pour un usage industriel. Les écosystèmes sont menacés par la disparition d’espèces sensibles et la prolifération d’espèces plus adaptées. La pollution aux pesticides en Caroline du Sud est responsable de la moitié des disparitions de poissons. Les 10 milliards de tonnes d’eau de ballast déversées chaque année d’un point à l’autre du globe introduisent des espèces qui colonisent l’environnement aux dépens des espèces indigènes. Les substances toxiques sont stockées dans les tissus graisseux des poissons, mammifères marins et des oiseaux piscivores.

Chez l’humain, les polychlorobiphényls participent à l’apparition des cancers du sein, du poumon, du foie et du colon, peuvent provoquer des retards dans le développement neurologique et de croissance. Les polluants organiques persistants se concentrent dans les coquillages et autres filtreurs, pouvant provoquer typhoïdes, hépatites et autres pathologies si ingestion.

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